Saint-François-d’Assise

Saint-François d’Assise
9 rue de Mouzaïa, Paris 19e

M° Botzaris

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La brique et les tuiles, les ocres et les rouges, les arcatures et le décor en damier caractérisent le clocher-porche construit dans l’alignement de la façade.
Le chœur prolonge la nef, vaste et dépouillée.  Six arcs en plein cintre la relient à deux larges bas-côtés.
Détail de la fresque.
Vitraux de l’ancienne chapelle Saint-François (Paris 16e) remontés dans les baies des bas-côtés : Saint François louant Dieu et la Création entourés de saint Antoine de Padoue, à gauche, et de sainte Colette, à droite. Bas côté nord (Mauméjean, 1941).
Détail du vitrail du cantique des créatures (bas-côté sud) œuvre de Paul Bony (1911-1982) également auteur des vitraux de la chapelle de Vence (Alpes maritimes) sur des cartons de Matisse.

Détail de la fresque du sanctuaire de Subiaco pouvant représenter saint François d’Assise et le crucifix de San-Damiano.
L’église Saint-François d’Assise est située à flanc de colline en contrebas des tours d’habitation de la Place-des-Fêtes, entre les rues du Général-Brunet et de Mouzaïa. Son clocher à double toit domine un quartier de villas, petites maisons d’artisans édifiées dès la fin du 19e siècle sur des carrières de gypse désaffectées1, comme pour le parc des Buttes-Chaumont tout proche.

En 1910, au 31 de la rue du Général-Brunet, une chapelle dédiée à Notre-Dame-du-Sacré-Cœur accueillait déjà des paroissiens de Saint-Jean-Baptiste de Belleville. C’est dans ce quartier, alors en pleine expansion, que le diocèse décida de créer une nouvelle paroisse et acheta en 1913 un terrain à proximité pour y construire une église ouvrant rue de Mouzaïa avec, au niveau inférieur, une chapelle accessible par la rue du Général-Brunet.

Les travaux commencés en 1914, arrêtés par la guerre, reprirent en 1919. En 1921, la chapelle du niveau inférieur était inaugurée sous le vocable de Saint-Landry2.

L’architecte Auguste Courcoux (1871-1956) reprit les travaux de l’église supérieure entre 1924 et 1926 sur les plans de son frère Paul, mort en 1921. Elle fut dédiée à saint François d’Assise, autant en réponse au vœu du diocèse qu’une église porte ce nom à Paris qu’à celui du tiers ordre franciscain3 qui collectait déjà des fonds dans ce but.

L’architecte Wandrille Thieulin fut chargé du réaménagement du chœur en 2004.

A l’extérieur, l’entrée est perpendiculaire à la nef de l’église afin que celle-ci soit orientée vers l’est, point d’apparition de la lumière du jour, symbole du Christ ressuscité. Une porte en verre incite à monter les marches et laisse entrevoir d’élégantes grilles en fer forgé qui donnent accès à l’ancien baptistère et à la tribune de l’orgue.

A l’intérieur, très lumineux, la nef sous une charpente en ciment armé imitant le bois contraste avec le chœur à fond plat recouvert d’une mosaïque à grosses tesselles4, réalisée en 1930 par l’atelier Mauméjean5 sur un carton du peintre, fresquiste et mosaïste Charles Bouleau (1906-1987).

Au premier plan, saint François et Dame Pauvreté sont représentés au pied du crucifix rappelant celui de l’église Saint-Damien6. Saint François reçoit les stigmates7, à genoux devant l’Evangile posé à terre et ouvert sur les mots Beati pauperes tirés du sermon de Jésus sur la montagne (Mt 5, 3).

Au second plan, figurent saint Louis et sainte Elisabeth de Hongrie à gauche, saint Bonaventure et sainte Claire à droite8. La Vierge Marie et saint Jean, plus petits, entourent le Christ cloué sur une croix cernée de feuilles d’or. L’invocation S[a]n[ct]e Francisce ora pro nobis, suivie des mots Pax et Bonum9, est écrite sur la bordure de lauriers qui entoure la fresque et est dominée par un soleil, Frère Soleil cher à François.

Sur l’arc du chœur, une fresque met en relation des scènes de l’Evangile et de la vie de saint François (Fioretti). Au-dessus, face à la nef, entouré des symboles des quatre évangélistes, le Christ en majesté présente François à la vénération des fidèles. Des anges glorificateurs portent des phylactères, banderoles sur lesquelles sont inscrits les noms des vertus fondatrices de l’ordre franciscain : Humilité, Chasteté, Pauvreté, Charité. Ces fresques ont été peintes en 1945 par Charles Bouleau lors de la réparation des dommages subis pendant la guerre.

L’ancien autel, adossé au mur du chœur, est orné de mosaïques d’inspiration byzantine avec des paons en bas-relief, symboles de Résurrection pour les premiers chrétiens. En 2004, le maître verrier Florent Boissonnet réalisa en verre fusionné10, l’ambon11 et l’autel12 encastré dans un podium en chêne clair en forme de mandorle13.

Dans les bas-côtés, les vitraux proches du chœur sont consacrés à la Trinité (nord) et au Cantique des Créatures (sud). En 2012, ceux d’une ancienne chapelle parisienne ont été remontés dans les autres baies14.  Au nord, deux groupes d’anges en adoration encadrent la Trinité. Puis saint Antoine de Padoue et sainte Colette entourent saint François louant Dieu et la Création. Au sud, se succèdent des disciples de saint François d’Assise. Depuis le chœur : saint Bonaventure, saint Joseph de Cupertino et saint Felix de Cantalice ; les bienheureux Agathange de Vendôme et Cassien de Nantes, saint Fidèle de Siegmaringen et le bienheureux Apollinaire du Japon.

En 1976, l’Institut Saint-Serge a offert l’icône au thème oriental du bas-côté nord : la Mère de Dieu à l’Enfant en prière. Celle du bas-côté sud, écrite par Catherine Gaboriau en 2004, s’inspire d’une fresque du sanctuaire italien de Subiaco15. A côté le Saint François au loup de Gubbio a été sculpté par Michel Coste en 1991 dans un style dépouillé. En 2000, le Chemin de croix, en papier découpé a été réalisé par un paroissien artiste, Pierre Avon. Le Christ porte le patibulum, la barre transversale de sa croix.

L’orgue construit par Bernard Cogez en 2008.
Au-dessus du narthex, on retrouve les tonalités de la fresque, de la mosaïque et des vitraux, dans le buffet de l’orgue construit par Bernard Cogez en 2008. Sa disposition rappelle celle de certaines orgues baroques dont il avoisine la sonorité. Ses dix-huit jeux autorisent la plupart des pièces du répertoire moderne. Des œuvres d’Olivier Messiaen (1908-1992) en relation avec François d’Assise ont été jouées juste après son inauguration.Dans l’ancien baptistère, une création des ateliers Duchemin16 présente l’envol d’une colombe sur fond bleu, symbole de l’Esprit Saint. Elle invite à la paix.

Typique de l’architecture religieuse parisienne de l’entre-deux-guerres, cette église claire et simple porte le message de saint François d’Assise à notre temps.

Détail de la fresque du sanctuaire de Subiaco pouvant représenter saint François d’Assise.

Le crucifix de la chapelle San-Damiano à Assise.
Saint François d’Assise (1182-1226)

François Bernardone est né à Assise dans une riche famille de drapiers. Baptisé sous le nom de Jean, il doit le nom de François à l’amour de ses parents pour la France. Après une jeunesse insouciante et dissipée, il se tourne vers Dieu lors de sa captivité durant sa lutte contre le pouvoir de la noblesse d’Assise.

A 23 ans, alors qu’il est en prière devant le crucifix de la chapelle San-Damiano à Assise, François, selon la légende, entend une voix lui demandant de “réparer son Église en ruine”.

Prenant l’ordre au pied de la lettre, il restaure la vieille chapelle délabrée avec la vente de biens de sa famille. Traduit en justice par son père, il se présente nu dépouillé de ses vêtements. L’évêque le couvre alors de sa cape pour signifier que l’Église le prend sous sa protection.

Faisant l’aumône et prêchant, il épouse Dame Pauveté. Des frères le rejoignent et forment une première communauté dont le pape Innocent III approuve en 1210 la première règle rédigée par François. Il fonde ensuite avec Claire l’ordre des Pauvres Dames ou Clarisses.

Lors d’un voyage en Egypte en 1219, il s’entretient avec le sultan Al-Kalmel près de Damiette. Il est à l’origine du Tiers ordre franciscain et, reprenant la tradition des Mystères, il met en scène la première crèche vivante à Greccio.

En 1224, il reçoit les stigmates et écrit le Cantique de Frère Soleil ou Cantique des Créatures. A sa mort, le 3 octobre 1226, l’ordre des franciscains comptait de 3 000 à 5 000 frères.

Canonisé en 1228, il est le patron des Louveteaux. Le 4 octobre 1931,  jour de sa fête, a été instaurée une Journée mondiale des animaux.

En 1979, le pape Jean-Paul II l’a proclamé patron de ceux qui se préoccupent de l’écologie. Le pape François, par le choix de son nom, signifie sa volonté de voir l’Eglise retourner à sa mission auprès des pauvres.

Lieux de culte franciscains dans le 19e arrondissement

L’église Sainte-Claire (A), Porte de Pantin, est le troisième lieu de culte dédié à un saint franciscain dans le 19e arrondissement de Paris avec l’église Sainte-Colette (B), allée Darius-Milhaud, construite en 1992 par Thaddée et Yolande Nowak et l’église Saint-François-d’Assise (C), édifiée en 1926 en haut des Buttes-Chaumont par Auguste Courcoux (1871-1956).

Notes :

1 — Appelées, à une époque, carrières d’Amérique pour avoir servi à la construction de la Maison Blanche à Washington.
2 — Evêque de Paris au 7e siècle, qui distribua ses propres vivres aux pauvres et fut à l’origine de l’Hôtel-Dieu.
3 — Association fondée en 1222 par François d’Assise, regroupant des laïcs voulant vivre à son exemple sans entrer dans un ordre religieux.
4 — Morceaux de marbre, de pierre, de pâte de verre ou de céramique qui peuvent composer une mosaïque.
5 — Les ateliers Mauméjean (1860-1970) équipèrent  de vitraux nombre d’églises en France (notamment dans le sud-ouest).
6 — C’est devant ce crucifix que François se sentit interpellé par le Christ lui-même, lui demandant de rebâtir sa “maison” en ruine. Il se trouvait dans une chapelle située aux portes d’Assise.
7 — Marques des plaies de Jésus faites par les clous au moment de sa mise en croix.
8 — Saint Louis (1214-1270), roi de France. Saint Bonaventure (1221-1274), général de l’ordre franciscain, premier biographe de saint François (1221-1274) et rédacteur des constitutions de l’ordre. Sainte Claire (1193-1253) fondatrice des Dames Pauvres ou Clarisses. Sainte Elisabeth de Hongrie (1207-1231), veuve à 20 ans et Clarisse.
9 — Heureux les pauvres. Saint François priez pour nous. Paix et Bien.
10 — En posant, sur un dessin fait dans un lit de sable, des feuilles de verre chauffées.
11 — Table en forme de pupitre d’où est proclamée la parole de Dieu.
12 — Table sur laquelle, à la messe, le prêtre célèbre l’Eucharistie faisant mémoire de la Cène.
13 — De l’italien mandorla qui signifie amande. Sur les tympans, elle est signe de la gloire du Christ dans la pleine lumière du Jugement dernier.
14 — Ceux de la chapelle Saint-François (rue Molitor, Paris 16e) réalisés en 1941 par l’atelier Mauméjean. Une nouvelle église dédiée à saint François d’Assise a été édifiée à son emplacement en 2005.
15 — Elle date de la visite de François en ce lieu vers 1223 et pourrait le représenter.
16 — Ateliers créés à Paris à la fin des années 1950.

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©ACF/Paris, 2014. Photos M. Beaudoin.