Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours

Basilique Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours
55 boulevard de Ménilmontant, Paris 11e

M° Père-Lachaise

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basilique-ndps.fr

La chapelle construite en 1872.

La basilique a proportions imposantes : 60 mètres de longueur, 16 de largeur et 32 hauteur (120, 13 et 33 à la cathédrale Notre-Dame de Paris). La chapelle d’axe (moins large que la nef et le chœur) s’ouvre sur toute sa hauteur entre deux murs ornés d’arcatures, masquant un déambulatoire et un triforium.
Les vitraux de Marcelle Lecamp qui se déploient autour de l’église.
Crucifix (origine Espagne).
Joseph le juste.
Le baptistère.
Le gisant de saint Alphonse de Liguori.
Le tintinnabulum.

L’ombrellino et les insignes de la basilique. Les trois étoiles évoquent la Vierge Marie, le mont celui de Ménilmontant et le lys la ville de Paris. L’écu est posé sur deux des instruments de la passion du Christ : le rameau d’hysope avec l’éponge imbibée de vinaigre et la lance qui a percé le côté du Christ. En bas la croix orientale à trois branches évoque Jérusalem.
Située sur le boulevard de Ménilmontant, face au cimetière du Père-Lachaise1, la basilique est à mi-pente de la colline de Belleville qui culmine à 128 mètres, dans un quartier ouvrier de l’est parisien aujourd’hui en pleine mutation. Elle remplace une chapelle construite en 1872 par l’abbé d’Hulst2, dédiée au Cœur de Jésus et à saint Hippolyte en souvenir du soutien apporté par l’archevêque de Paris, Mgr Hippolyte Guibert, lors des événements de la Commune (1871). Les Rédemptoristes3, qui se consacrent à l’évangélisation des quartiers populaires, s’y établissent deux ans plus tard, après une mission auprès des réfugiés d’Alsace-Lorraine venus à Paris après la guerre de 1870. Ils y installent une icône de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours (voir ci-après). Le décret de 1880 sur les congrégations expulsant les religieux de leurs couvents entraîne la fermeture de la chapelle jusqu’en 1888.Dès sa réouverture, le frère rédemptoriste Gérard Knockaert4 est chargé de construire l’église actuelle destinée à accueillir un grand nombre de fidèles. Elle est consacrée en 1898 sous le vocable de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours. Mais, six ans plus tard, en raison de l’application de la loi de 1901 sur les associations, elle est fermée jusqu’en 1911. En 1960, la communauté des fidèles est érigée en paroisse. En 1966, l’église est élevée au rang de basilique mineure par le Pape Paul VI5.

A l’extérieur, à l’est, boulevard de Ménilmontant, un petit immeuble, vestige du couvent des religieux, masque la façade. La flèche en fonte, haute de 60 mètres, pointe à l’arrière.

A l’ouest, la basilique et son chevet sont visibles depuis la rue René-Villermé6. Construite en meulière, couverte d’ardoises posées sur une charpente métallique, elle repose sur des fondations sur pilotis en béton de quatorze mètres de hauteur. Une vaste crypte rattrape l’important dénivelé du terrain.

A l’intérieur, le parti néogothique7 choisi par frère Gérard Knockaert est sobre et fidèle à l’architecture du 13e siècle, dans l’esprit défini par Viollet-le-Duc. Une large et haute nef8 voûtée d’ogives fait suite au narthex9, installé dans la première travée et servant de tribune pour l’orgue. Les trois suivantes sont bordées d’arcades brisées doubles, chacune retombant sur une colonne monolithe. Elles ouvrent sur douze chapelles indépendantes jadis utilisées par les religieux pour célébrer leur messe quotidienne10.

Les chapelles abritent les tableaux du chemin de croix11 et des statues de saints particulièrement vénérés par les fidèles. Sur les chapiteaux à motifs végétaux sculptés par Louis Merley12, des phylactères13 donnent à lire certaines des Litanies de la Vierge14.

En partie haute, les baies du triforium15, du chœur et de la tribune d’orgue ont toutes reçu en 1974 des vitraux colorés, réalisés par le maître verrier Marcelle Lecamp16 qui suggèrent l’immense cortège des élus dans la lumière de Dieu.

Dans la croisée du transept, en haut et à droite sur le premier pilier, un ange17 désigne discrètement l’icône. Sur le pilier diamétralement opposé, un groupe en bois sculpté par Jozef Pyrz18 représente Joseph le Juste écoutant en songe l’ange du Seigneur. Au fond du bras gauche du transept, se trouve le gisant en marbre de saint Alphonse de Liguori, fondateur de l’ordre des Rédemptoristes.

Au-dessus et au milieu des ex-voto, l’icône de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours est exposée à la vénération des fidèles. Il s’agit d’une réplique de celle conservée à Rome dans l’église Saint-Alphonse-de-Liguori, siège de la congrégation.

Dans le bras droit du transept, le haut-relief du tympan représente l’apparition de la Vierge à saint Alphonse de Liguori, en mission à Foggia lors du tremblement de terre de 1731 dans la province italienne des Pouilles.

A l’entrée du chœur, les insignes de la basilique sont disposés à l’aplomb de deux anges tenant des phylactères. A droite, sous les armes de la papauté : le tintinnabulum, clochette suspendue à un support — forgé par Jon Helip19 pour le cinquantième anniversaire de la basilique en 2016 — reprend, de manière stylisée, le dessin de l’icône. A gauche, sous les armes du Cardinal archevêque de Paris : l’ombrellino, ombrelle aux couleurs du Vatican, porte les armoiries de la basilique.

Le chœur, réaménagé en 2013 par Nicolas Déhu20, conserve le mobilier liturgique créé en 2006 par Jean-François Ferraton21. La table d’autel repose sur quatre montants formant une croix évidée et dorée. L’ambon comporte une dalle en verre et un aigle en fer forgé dont la tête dissimule un micro. Dans l’arrière-chœur, des couronnes, des lys et des monogrammes de la Vierge ornent le sol en mosaïque.

Dans le déambulatoire, un grand crucifix en bois clair, d’origine espagnole, attire le regard22.

A l’entrée de l’église, la chapelle de gauche a retrouvé la cuve baptismale primitive et a été aménagée avec un emmarchement comme aux premiers temps de l’Église. Sur celui-ci des références à des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament illustrent le sacrement du baptême23.

L’orgue installé à la tribune de façon à ne pas masquer les vitraux a été reconstruit et agrandi en 2004 par Bernard Dargassies24 à partir d’éléments récupérés d’instruments parisiens plus anciens. Il possède une riche palette sonore grâce à ses soixante trois jeux.

En 1984, la paroisse est confiée aux prêtres du diocèse de Paris. Aujourd’hui, elle accompagne les funérailles catholiques célébrées au cimetière du Père-Lachaise tout proche et accueille un nombre croissant de pèlerins devant l’icône de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours.

L’icône de Notre-Dame-du- Perpétuel-Secours vénérée dans cette basilique.
L’icône de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours

L’icône vénérée en cette église, issue d’un modèle attribué au peintre crétois Andreas Ritzos († v. 1492), est appelée Mère de Dieu de la Passion dans la tradition orthodoxe et Notre Dame du Perpétuel Secours en occident.

Quatre figures nimbées se détachent sur le fond or qui symbolise la lumière de Dieu. A gauche, un ange tient les instruments de la Passion — le roseau avec l’éponge imbibée de vinaigre, la lance et la coupe — les mains couvertes d’un pan de son manteau en signe de respect. Détournant son regard, l’Enfant voit alors l’ange de droite qui tient, avec le même respect, la croix et les clous, principaux instruments de son supplice. L’Enfant, troublé, prend à deux mains celle de sa mère, s’agrippe à son pouce (signe de confiance) et perd sa sandale (signe qu’il s’offre en rachat, il est le Rédempteur). La Mère nous regarde. Elle est grave. Elle sait par quelle mort son fils doit mourir.

Aujourd’hui, une très ancienne icône de Notre Dame du Perpétuel Secours qui serait arrivée de Crète au 14e siècle, est conservée à Rome dans l’église néogothique dédiée au fondateur des Rédemptoristes, saint Alphonse de Liguori. En 1866, le pape Pie IX a donné mission à cette congrégation de la faire connaître au monde entier. Depuis, elle a fait l’objet de nombreuses copies dont celle écrite par une religieuse des Petites Sœurs de Bethléem pour cette église de Paris et bénie le 8 décembre 2002, en la fête de l’Immaculée Conception.

Les basiliques mineures de Paris

Notre-Dame de Paris (1805) : 6 parvis Notre-Dame, 75004
Sainte-Clotilde (1898) : 23 bis rue Las-Cases, 75007
Sacré-Cœur (1919) :35 rue Chevalier-de-la-Barre, 75018
Notre-Dame-des-Victoires (1927) : 4 place des Petits-Pères, 75002
Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours (1966) : 55 boulevard de Ménilmontant, 75011

Une église est consacrée basilique mineure sur décision du Pape et par un décret pontifical qui la met sous la protection du Saint Siège. Ses insignes, le pavillon (ombrellino) et le tintinnabulum, sont placés dans le chœur et passent avant le clergé lors des processions. Seules quatre basiliques sont majeures et se trouvent à Rome : Saint-Pierre, Saint-Paul-hors-les-Murs, Saint-Jean-de-Latran et Sainte-Marie-Majeure dont dépend la basilique Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours.

Notes :
1 — François d’Aix de La Chaise (1624-1709) confesseur du roi Louis XIV (1638-1715).
2 — 1841-1896. Vicaire de Saint-Ambroise, fondateur de l’Institut Catholique de Paris en 1875 et député du Finistère en 1892.
3 — Congrégation du Très-Saint-Rédempteur, appelés Rédemptoristes, créée près de Naples en 1732 par Alphonse de Liguori (1696-1787), évêque de Nocera de 1762 à 1775, docteur de l’Église, canonisé en 1839.
4 — 1845-1928. Né et mort en Belgique, architecte de l’ordre, auteur avec son frère en 1897 d’une église également dédiée à Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours à Riedisheim (68400).
5 — Giovanni Battista Montini (1897-1978).  Béatifié en 2014 et fêté le 26 septembre.
6 — 1782-1863. Médecin considéré comme un des pionniers de la médecine du travail et précurseur de la sociologie.
7 — Aussi inspiré de l’église Saint-Léon-IX à Nancy, édifiée en 1861 par l’architecte Léon Vautrin (1820-1884).
8­ — Toute en pierre calcaire marbrière de Villebois, près de Lyon, utilisée pour nombre d’ouvrages d’art, notamment à Paris.
9 — Espace spécifique à l’entrée des églises, jadis réservé aux pénitents et aux catéchumènes se préparant au baptême.
10 — Le concile Vatican II (1962-1965) a remis à l’honneur la messe concélébrée au même autel par plusieurs prêtres.
11 — Le vendredi saint, jour où l’Église commémore la mort du Christ, les fidèles méditent et prient en procession devant chacun d’eux. Ils sont l’œuvre d’un atelier d’art religieux créé vers 1860 près de Saint-Sulpice (Paris 6e) par Félix Alcan, éditeur de chemins de croix à partir d’œuvres de Zier (Varsovie, 1822-?) lithographiées par Mauduison (1820-?).
12 — 1815-1883. Sculpteur et graveur médailliste, élève de David d’Angers (1788-1856).
13 — En art médiéval, banderoles reproduisant les paroles prononcées par le personnage représenté. Chez les Juifs, morceau de parchemin porté sur le front et sur lequel sont écrits des passages de la Torah.
14 — Louange énumérant de façon poétique les qualités spirituelles et mystiques de la Vierge.
15 — Du latin transforare (percer à jour), désigne le passage aménagé dans l’épaisseur des murs au-dessus des bas-côtés.
16 — 1910-2000. Auteur, entre 1952 et 1954, de verrières dans l’église Saint-François-Xavier (Paris 7e) : saint Vincent de Paul et sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. A partir de 1945, collaboratrice de l’artiste Marguerite Huré (1895-1967), considérée comme le précurseur de l’abstraction dans l’art sacré.
17 — Copie en réduction ’un ange jadis situé au château du Lude (72800). L’original en bronze, qui proviendrait de la Sainte Chapelle de Paris, est aujourd’hui conservé à la Frick Collection de New- York. Il est signé et daté Jean Barbet, Lyon, 1475.
18 — Artiste polonais né en 1946, vivant à Paris et auteur de nombreuses œuvres d’art sacré, notamment à Sainte-Elisabeth-de-Hongrie (Paris 3e), Notre-Dame-Arche-d’Alliance (Paris 15e), Saint-François-de-Sales (Paris 17e).
19 — Sculpteur né à Pau en 1970, travaillant le bronze et les bois flottés ramassés sur les plages.
20 — Architecte du patrimoine né en 1976, auteur de l’aménagement de la chapelle de la Maison d’Eglise Ozanam en 2016 (Paris 17e).
21 — Né en 1949 et installé près de Lyon.  Cet élève du peintre René-Maria Burlet (1907-1994) est l’auteur de mobiliers liturgiques à Sainte-Rita (Paris 9e), à Notre-Dame-de-Nazareth, à Notre-Dame-Arche-d’Alliance (Paris 15e) et au Cœur-Eucharistique (Paris 20e).
22 — Provient de la chapelle de L’Îlot.  Le tabernacle, le chemin de croix en tapisserie, signé “I. Soriano 84” de la manufacture Four à Aubusson (23200), en proviennent aussi.
L’Îlot est un foyer créé en 1969 par des laïcs catholiques d’Amiens pour la réinsertion d’hommes seuls à leur sortie de prison. Ce foyer parisien, proche de l’église, est repérable par la cloche située au 151 de la rue du Chemin-Vert.
23 — Noé sauvant la création, le passage de la Mer Rouge par le peuple hébreu et le baptême de Jésus dans le Jourdain.
24 — Facteur d’orgue né à Paris en 1954, établi à Rambervillers (Vosges) et restaurateur de nombreuses orgues de la capitale.

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©ACF/Paris, 2016. Photos M. Baranger, M. Beaudoin, M. Caillon, J. Chatelain.